LE JOURNALCalendrierRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexionAccueilFAQ

Partagez | 
 

 As Huis v'Reuh, roman à quatre mains par AubaineetKoten[G]

Aller en bas 
AuteurMessage
auglyane
Correctrice officielle des articles
avatar

Nombre de messages : 155
classe : fécatte
Date d'inscription : 03/12/2007

MessageSujet: As Huis v'Reuh, roman à quatre mains par AubaineetKoten[G]   Mer 6 Mai - 15:19

Épisode 1 :
La Rumeur

« Dans la grande quête des dofus, le plus important à été oublié. Ocre, turquoise, pourpre, rouge, vert, blanc, noir, que sais-je encore... ils font depuis longtemps le bonheur des conteurs de taverne et les mêmes échos vous reviennent ça et là sur ces mêmes couleurs merveilleuses dont certaines n'existeront peut-être jamais que dans vos rêves tourmentés. Mais le brun, y avez-vous jamais songé ? Non ? Sans doute parce qu'il est bien plus dur à trouver, bien mieux protégé que ses semblables et d'autant plus précieux. Par bonheur, son histoire m'a été contée. Mesdames, Messieurs, approchez, resserrez-vous et écoutez-moi bien ! Cette histoire, je n'en parle qu'à vous parce que je vous admire et vous estime : cet œuf mystérieux est si longtemps resté inconnu car il n'apparaît qu'un seul jour dans l'année et, apprenez-le, ce jour est tout proche d'arriver. Ce douze d'aperirel 639, dans une mystérieuse petite maison, il sera là où personne ne penserait à aller le chercher. Entre les colonnes de guimauve, il mettra au défi les courageux aventuriers de s'en emparer.
« On dit que la muse de la pâtisserie elle-même l'engendra après que Xavier le boulanger lui eut fait goûter le mets délicat qu'il prépara pour lui plaire. Elle fit alors apparaître une maisonnette à la mesure de l'art de son soupirant et reproduisit en son cœur toute la saveur du présent qu'il lui avait fait. Elle convoqua le légendaire dragon en chocolat Hiégélédenkar en personne, qui laissa là un fabuleux œuf de dragon en chocolat pour faire saliver tous les aventuriers. Celui qui s'en emparera n'aura, à coup sûr, plus jamais faim. Mais ne croyez pas la tâche simple pourtant car sa valeur n'a d'égale que celle, effrayante, de son gardien. Cheuclot la Fondante veille. La muse jalouse a imaginé cette abomination pour que personne jamais ne s'empare de son délicieux trésor. Aucune personne sensée ne penserait sérieusement se faire les dents sur cette chose.
« Flottant dans le vide, voletant dans les effluves caramélisées qui exhalent de sous sa robe suave et outrageusement calorique que la chaleur des fours en activité fait couler sur vos bottes pour vous provoquer comme une chorale de sirènes entonne un séduisant requiem, parsemée de taches d'un blanc crémeux qui sont autant de regards accusateurs braqués sur vous, tellement gigantesque que nul n'en a jamais aperçu la cime, dissimulée dans un épais brouillard de beurre, accouchant continuellement de wabbits et de poolays en chocolat qui ont fini par constituer autour d'elle une armée telle que jamais ne l'égaleront les milices de Bonta et de Brâkmar réunies, la créature monstrueuse, le cauchemar vivant, l'inépuisable source de pods en trop, l'unique cause des régimes les plus ignobles qui existent à ce jour, la perspective-même de la souffrance barre le chemin qui mène au dofus. On ne peut pas la contourner, pour aller plus loin, il faut lui passer sur le corps. Pour avoir une chance de s'en sortir, mieux vaut rebrousser chemin car, aussi intrépides que vous soyez, sa seule vue vous fera prendre vingt mille pods en un éclair, vos jambes refuseront de vous porter et vous crèverez là, dans la honte et les crises de foie. Je sais de source scientifique que, si on réunissait toutes les calories de l'univers, Cheuclot la Fondante pèserait plus de 99% de l'ensemble. Selon les mêmes sources, nous ne serions en fait que de minuscules mosquitos qui tournerions ainsi que nos montagnes et nos mers autour de Cheuclot la Fondante. Je sais encore beaucoup de choses mais, l'emplacement du dofus en chocolat, je ne peux pas vous le dire. Non, madame ! Votre volonté trop fragile céderait et vous courriez vous aussi à votre perte comme tant d'autres avant vous l'ont fait. Croyez-moi, je vous sauve la vie en ne vous indiquant pas le chemin de la maison de Paindep...
« Hé, là bas ! Un peu de calme, s'il vous plaît ! Vous ne voyez pas que j'essaie de me rendre intéressante ? »

Autour du zaap, une rumeur indignée était née de l'attroupement d'astrubéens qui s'était densifié en même temps que la curiosité des badauds autour de la conteuse exubérante de la place de l'ancien marché couvert de la cité aux onze statues divines. Elle se mua vite en un brouhaha inintelligible au milieu duquel il devenait vain de tenter de retrouver l'attention de l'auditoire. Celui-ci n'avait soudain plus d'yeux que pour scruter attentivement le contenu des sacs. Fussent-ils dépourvus de sac, les gens palpaient frénétiquement leur ceinture en affichant des têtes de koinkoin stupéfait et, un koinkoin, ça a déjà l'air fin sans en plus être stupéfait. Au milieu de ce beau monde qui ne l'écouterait définitivement plus, Symphonie sut que le spectacle était terminé pour la journée. Elle laissa échapper un soupir.

Des oreilles blanches de félins en culottes courtes disparurent au coin d'une rue. A leur poursuite, un véritable petit bataillon d'aventuriers spoliés renvoyant des échos de « ce sont eux » et de « attrapez-les » s'était formé pour saisir les voleurs. Certains couraient les armes à la main. On pouvait déceler dans les regards des hommes qui étaient là la plus solide volonté de punir le flagrant délit de larcin ordinaire par l'application immédiate de la colère sacrée du peuple sans autre forme de procès sur ces deux coupables fugitifs qui étaient à peine plus hauts qu'un craqueboule poli. En tête de ce groupe, un crâ, grand de taille, les cheveux détachés lui revenant dans les yeux, soufflés de part et d'autre par l'air brassé tout autour de lui, s'efforçait de garder sa position constante dans la course. Sa vue infaillible le désignait pour guider la troupe à la suite des filous minuscules, si agiles qu'ils pussent être.

- Poussez pas, derrière ! Je les vois.
- Ils ne nous échapperons pas.

En effet, les jeunes écaflips perdaient du terrain sur leurs poursuivants. Tous deux vêtus d'une unique pièce de harde déchirée, entre les taches de rousseur, des égratignures qu'ils ne laissaient jamais cicatriser laissaient présumer d'une vie faite de prise de risques au quotidien. Hymne et Sifflet étaient tous les deux les ainés d'une famille de quatre enfants qu'à huit ans ils assumaient de nourrir avec l'aide d'un ami plus âgé qui faisait de son mieux pour protéger la petite bande. Toujours est-il que l'absence totale d'éducation est étonnamment pratique lorsqu'on est sans ressource et insignifiant au milieu de la foule : on est en droit d'ignorer jusqu'aux notions les plus élémentaires de moralité et d'honnêteté.

- Alors ? T'as eu quoi, toi ? demanda Sifflet à sa sœur.
- Bah ! Des kamas, c'est ça qu'il fallait prendre, lança Hymne goguenarde.
- Combien ?
- J'sais pas, moi.
- Et puis quoi d'autre ?
- Rien. Toi t'as eu un truc ?
- Une bibelaw, fit Sifflet en souriant à pleines dents. Regarde !

En dépassant la boutique du forgeron, il sortit de sa culotte l'amulette en question, puis s'arrêta derrière une pile de palettes de stockage vides avec sa partenaire pour échanger les fruits de leur rapine. Devant la magnificence de l'objet, ils convinrent de ne le montrer à personne et de le garder pour eux seuls.

- Sont partis... par-là... direction des calanques... ouf !

Arrivant à un croisement en T, le crâ qui les pistait, visiblement épuisé, s'appuya contre un mur, souffla péniblement en rasant la façade de l'hôtel de vente puis s'assit sur des palettes et montra la direction à sa suite d'astrubéens furieux, puis il les regarda disparaître au loin en s'attachant les cheveux de nouveau. Il semblait alors tout à fait détendu et aucunement fatigué. Se levant de son siège de fortune, il s'adressa finalement aux enfants cachés dans son dos :

- Yep les gamins. Heureusement que j'étais là. Vous êtes inconscients ? Bref ! C'est 70 pour cent.
- Ouais mais tu nous arnaques pas, d'abord, répondirent Hymne et Sifflet d'une seule voix.
- Mais non, allons. On fait comme on avait dit. Montrez-moi ce que vous avez ramené.

Sifflet réunit la monnaie qu'ils avaient et lui donna. Hymne garda ses mains dans le dos en relevant le menton. Le curieux négociateur se ménagea un court silence censé exprimer sa consternation et haussa un sourcil. N'importe qui sachant à peine compter eut su en un coup d'œil le montant de la recette du jour.

- C'est ahurissant. On a fait tout ce ramdam pour ça. Attendez ! C'est ce que vous êtes capables de faire ?

Les jumeaux écaflip acquiescèrent résolument de la tête. Ils n'étaient pas peu fiers d'eux.

- C'est-à-dire qu'il y a, en ce moment, au moins vingt types ultra motivés pour vous éventrer sur place qui cherchent dans toute la zone avec des pelotes de laine de bouftou et des machettes en criant « minou minou » pour retrouver 143 kamas, la camelote que tu as dans le dos et deux shigekax banane ? Lesquels vous pouvez garder, d'ailleurs, ajouta-t-il en faisant le juste calcul du partage convenu arrondi aux dix kamas supérieurs en faveur des enfants.

- C'est comme ça, Astrub, rétorquèrent-ils en chœur.
- Comme c'est dommage, reprit une voix féminine, une telle émulation globale, un tel mouvement de foule gouverne la plèbe, dans ce pays ! J'avais l'impression que leurs capacités cognitives se divisaient proportionnellement à leur nombre. Et dire qu'on ne pourra jamais vraiment en tirer parti !
- Madame Symphonie...
- Tais-toi, petit, veux-tu ! Je vous aimais bien tous les deux mais je crois qu'il n'y aura pas de seconde fois avec vous. Nous n'avons pas été assez discrets et il se pourrait que la milice nous recherche, maintenant. Mon frère et moi, nous allons devoir débarrasser le plancher et quitter cette ville. Alors au revoir, les mioches. Rêve, dis-leur au revoir, on est pressés, là. Rêve ?

En se retournant pour frapper son frère sur l'épaule, Symphonie se heurta à une cuirasse épaisse et rigide qui, c'était quasi-certain, ne lui appartenait pas. Au toucher, ce n'étaient a priori pas non plus ses cheveux gras ni son nez gloutovoïde. Ni son casque. Ni sa pointe de hallebarde...

- J'ai essayé de vous l'dire mais vous m'avez pas écoutée, fit Hymne dans une moue boudeuse.
- Rêve ! Rêve, tu m'entends ? Tu ne vas pas t'en tirer comme ça, espèce de lâcheur. Je t'ordonne de revenir immédiatement, Rêve ! Et vous, d'abord, enlevez vos pattes ! Vous n'avez pas le droit de m'emmener comme ça. Il n'y a donc pas de loi pour la protection des sramettes canon, dans ce pays !

Perché sur un toit, le crâ que Symphonie appelait de ses tendres vœux la regardait sans ciller pendant qu'on la traînait vers les geôles d'Astrub en compagnie de deux freluquets surexcités qui mordaient les gardes en armure.

- Il faut bien qu'il y en ait un qui s'en sorte...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
auglyane
Correctrice officielle des articles
avatar

Nombre de messages : 155
classe : fécatte
Date d'inscription : 03/12/2007

MessageSujet: Re: As Huis v'Reuh, roman à quatre mains par AubaineetKoten[G]   Mer 6 Mai - 20:13

« Une cellule exiguë compte tenu du nombre de prisonniers. Au-delà d'une dizaine dans une pièce quasiment vide de meubles. Seul Ogivol a son fauteuil, on se demande pourquoi lui. Pas de conversation hormis les gémissements continuels et odieux de Musha l'oni. Pas d'équipement qui puisse permettre, avec un bon gros corps à corps bourrin, de le faire taire au moins cinq minutes. Bordel, on peut être triste et silencieux ! C'est une zone de non-droit, ici. Alors pourquoi il aurait celui d'horripiler ses codétenus en leur chialant toute la nuit dans les esgourdes ? Pourquoi personne ne lui dit rien ? Oh non, grands dieux ! Il a dû tous les rendre sourds. Sourds et muets. Et daltoniens, même, vu comme s'habille ce Marzwel. Au secours ! »

- Madame Symphonie, t'es devenue pâle, tout à coup, avança Sifflet. Tu veux pas prendre l'air ?
- Siiiii, répondit-elle en éclatant en sanglots quand elle réalisa qu'elle vivait toujours enfermée depuis quinze longues minutes, enfin, peut-être que dix mais qui n'auraient que davantage exacerbé son goût de la liberté.
- Ça nous a fait ça aussi les fois d'avant, alors on est sorti, fit Hymne en joignant le geste à la parole et elle glissa entre les barreaux, suivie immédiatement par son frère.

La sramette estomaquée eut un regard pour les enfants, examina l'espace entre les barreaux, peu conventionnels, il fallait l'admettre, puis eut un mouvement de recul en essayant de se convaincre que, de toute manière, sa boîte crânienne se coincerait dans l'interstice avant ses hanches. Elle jeta enfin un œil au surveillant de prison qui n'eut pas un geste à l'encontre des jumeaux et pensa qu'il faudrait ajouter à la liste noire des responsables de son calvaire carcéral ce gardien fonctionnaire qui ne faisait que distribuer des récompenses à tout va mais ne bougeait pas le petit doigt lorsqu'il s'agissait de réguler les visites ou d'empêcher les détenus de s'évader. Il avait déjà dû enfermer des centaines de fois les mêmes personnes derrière la même grille à un coût faramineux pour le contribuable. Sifflet insista :

- Alors ? Tu viens ?
- Beuaaaaaarrrr rhum tikou hallam et zon ! Hic, s'exclama Zatoïshwan que personne n'avait voulu solliciter mais qui était soudainement entré en transe, on ne saurait dire pourquoi.
- S'il vous plaît, dites à Rêve de venir me chercher ! lança désespérément Symphonie, obligée d'élever la voix une nouvelle fois pour ne pas être couverte par le bruit ambiant.

Le gazouillis des pious devint tout à coup si agréable lorsqu'ils retrouvèrent l'air de l'extérieur que Sifflet et Hymne décidèrent ni une ni deux de partir à la chasse. Et il est vrai que le chant de ces respectés volatiles était tellement essentiel à l'équilibre de l'univers d'Amakna qu'on finissait, comme l'eau courante à Sufokia, le parchemin hygiénique au p'tit coin ou comme certaines guildes historiques par l'oublier pour ne se rappeler de lui que lorsqu'il n'était plus là et qu'il nous manquait. Ou pas. Ou peut-être que tout le monde s'en fichait comme de sa première épée de boisaille, des pious. Peut-être, après tout, qu'il pouvait s'en engloutir et s'en génocider des milliers tous les jours, des pious, dans l'indifférence la plus générale parce que, de l'opinion qu'on se fait du piou, c'est une saleté de piaf même pas fichue de couver les œufs d'espèces plus utiles qui puissent espérer se revendre à profit à Bonta. Alors qu'un piou, ça a beau ne pas être costaud, ça a quand même, oui, ça a des émotions, quoi ! Les gazouillis que vous entendez à longueur de journée, que croyez-vous que ce soit ? Mais ce sont des pleurs, évidemment ! Les dernières lamentations en voyant arriver le coup de pelle, les suppliques pour être enterré sur la baie de Cania. Les dernières pensées d'un piou, à qui croyez-vous qu'elles vont ? A toutes les pioutes qu'il a aimées avant, qui sont devenues... BAM ! Au peu de famille qui lui reste, à sa tatie pioute qui préférait qu'il reste à la maison, à Sufokia, pour gérer le patrimoine et à qui il avait promis d'envoyer tous les jours des nouvelles par chronotofu® mais les tofus messagers s'étaient grassement moqué de lui ; les pious n'ont pas le droit d'avoir de messagers pour rester en contact avec leur tatie, eux ! Les pious mènent la vie la plus injuste et misérable du monde des douze et, vous, cruels, vous allez les chasser rien que pour le plaisir mais... mais vous me dégoûtez ! D'ailleurs vous aviez largement mieux à faire que torturer une créature sans défense. Vous ne croyez pas que vous avez quelque chose à faire, là ? Pour que l'histoire suive son cours... vous vous souvenez, au moins, de l'histoire ?

- Ouais ! Y'avait un dofus en chocolat.
- Des colonnes en guimauve ! Du caramel au beurre !
- Plein plein plein de chocolat !
- Le dofus, son pouvoir, c'est de guérir la faim.
- C'est cool ! Et y'a une femme-chocolat qui se mange aussi.
- T'as rien compris ! C'est pas une femme, c'est un gros monstre avec plein plein d'yeux.
- Il n'avait pas de tête, alors pas d'œil non plus !
- Bah si tu me crois pas, y'a qu'à aller voir.

Ils n'eurent pas à le dire deux fois. Et c'est ainsi que commença le périple merveilleux de deux enfants pauvres dans un monde de chercheurs de trésors sans scrupules et de plein d'autres personnages qui font plein d'autres choses. Ne manquez pas As Huis v'Reuh, votre feuilleton de l'Empreinte du Craqueleur, par Aubaine et Koten !

( Bon, j'avoue, j'aurais mieux fait de me taire, sur le moment mais vous n'imaginez pas la pression qu'on a, nous les narrateurs au journal, ces temps-ci... )


Fin de l'épisode premier.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
As Huis v'Reuh, roman à quatre mains par AubaineetKoten[G]
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Le Roman de Renart
» Questions sur les mains limites / scores...
» Carthage, Rise of the Roman Republic - GMT
» Mailou tel de roman (ou sa copine) ?
» History of the Roman Empire - UGG

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Empreinte Du Craqueleur :: La Rédaction :: La pré-sculpture :: N° 17 prêt à graver-
Sauter vers: