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 [PG] Lettres d'amour à travers le temps

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Aubaine

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Guilde : Le royaume de Jade
classe : osamodas
Date d'inscription : 28/11/2008

MessageSujet: [PG] Lettres d'amour à travers le temps   Ven 27 Fév - 7:26

Aube était assise contre un tronc noir, les yeux levés vers le ciel blanc de neige. Derrière elle, l'arbre semblait mort en ce froid mois de flovor et le printemps bien loin encore. Seule, elle regardait tomber la neige, entre émerveillement et tristesse. Les flocons blancs étaient si beaux mais elle ne voyait pas d'avenir à sa vie dans le silence de l'hiver. Elle frissonnait sous ses fins vêtements et pourtant, la jeune fille ne rentrait pas chez elle, là ou plus aucun chaleureux foyer ne l'attendait.
Sa mère vivait une seconde jeunesse à Moon avec son amant tandis que son père se noyait tous les soirs dans l'alcool. Mais qu'attendre de plus d'un pandawa ? N'avait il pas passé sa vie à boire de toute manière ? Ça ne changeait rien pour lui et au moins sa mère était heureuse, alors pourquoi cette tristesse ? C'était bien égoïste de sa part en réalité.

Elle soupira dans le vent, laissant ses cheveux noirs se mêler au blanc magique de la neige. Vingt ans de solitude, dans ce coin retiré de tout. Sa mère avait bien de la chance. Elle tendit la main devant elle, recueillant des flocons de neige sur sa main et les regarda fondre lentement. Quand la dernière petite étoile disparut sur sa peau, une main blanche se tendit vers elle.
La xélorette la regardait en souriant alors que ses bandelettes déchiquetées voletaient autour d'elle. Elle portait pour tout vêtement des bandes de tissus qui ne la couvraient que partiellement. Elle était apparue ainsi, simplement, comme faite de neige et de temps et elle souriait, pleine de joie et de douceur. L'apparition secoua légèrement la tête, faisant danser ses cheveux blancs et s'approcha d'Aube, qui semblait incapable de bouger.


- J'ai cette lettre pour toi, je crois. Oui, elle est pour toi sans doute, une fille perdue dans le blanc, adossée au noir. C'est bien cela, elle est pour toi.

L'étrange petite femme lui tendit un vieux parchemin, cacheté de cire bleue, laissant la lumière briller sur son œil de métal. L'autre œil n'était pas moins surprenant. D'un beau bleu turquoise qui contrastait beaucoup avec sa blancheur. Elle sourit et ferma les yeux, puis, plus rien, seul le vent tissant des farandoles blanches dans le ciel.
Aube regarda le parchemin, elle ne s'était pas même rendu compte qu'elle l'avait pris dans sa main, trop intriguée par l'apparition. Mais maintenant que le silence était revenu, plus lourd que jamais, elle sentait le besoin de savoir ce que contenait ce mystérieux message. Elle l'ouvrit.



A toi qui vis de solitude et de neige,

Dans les brumes de l'hiver, je cherche une lueur,
Dans la belle folie blanche, je ressens une fleur,
Tend la main et chavire dans une tempête sauvage,
Amour lointain vivant, même au travers des âges.

Je suis d'un autre monde, et même d'un autre temps,
Pourquoi je te ressens, si tu n'es mon présent ?
Je l'ignore et je cherche à t'atteindre malgré tout,
Filant au gré des vents, à en devenir fou.

Et les espoirs s'effacent et reviennent sans relâche,
La corde des temps vibre, et pourtant tu te caches,
Toi fillette sous la neige que je n'ai jamais vue,
Tu m'entraînes dans un rêve où nous serons perdus.

D'où me viennent mes attentes, je ne saurais le dire,
Pourtant la trame du temps, nul ne peut la franchir,
Ma plume file en vain sur ce fin parchemin,
Mots qui ne seront lus, mais c'est notre destin.

Crépuscule.



Aube resta quelques instants immobile, les yeux rivés sur la lettre. Elle n'en comprenait pas la signification exacte, trop étrange. Pourtant elle sentait devoir écrire une réponse. En silence, elle rentra chez elle, serrant la lettre contre son cœur et, fouillant les armoires paternelles, finit par trouver une feuille et un fusain. Elle s'assit dans sa chambre, mais les mots ne venaient pas... Les yeux clos, elle laissa aller la mine sur le parchemin, les lignes s'emmêlant gracieusement.

Le lendemain, en sortant rejoindre son arbre, une surprise l'attendait. L'étrange xélorette était là, perchée sur une branche, l'air de se demander comment en descendre. Ses cheveux blancs dansaient dans le vent alors qu'elle agitait vaguement les jambes, malhabile. Aube s'approcha.


- Tu es revenue ? J'espérais sans trop y croire. Pourrais-tu lui donner cette lettre ?
- Si j'le r'trouve et qu'tu m'aides à remettre les pieds sur terre, j'veux bien !


L'étrange jeune femme souriait simplement, semblant s'amuser de la situation. Mais comme elle essayait de descendre par ses propres moyens, elle se retrouva le visage plongé dans la neige, perdant tout à coup toute son aura de mystère pour ne devenir d'une frêle xélorette trempée. Elle se releva, boudeuse.

- Encore raté...

Après s'être remise de sa surprise, Aube s'approcha. L'étrange messagère avait l'air bien humaine, finalement. Elle vint l'aider à se relever, lui tendant une main secourable. Le regard bizarre de la jeune femme se fixa sur elle, heureusement adouci par un franc sourire.

- Heu... Je peux vous demander votre nom ?
- Sourire, pardon d'avoir abimé vot' neige, j'prends ta lettre en compensation. On verra bien si j'revois son destinataire !
- Mais, où est il ?


Un bref clignement d'oeil, Sourire avait disparu à nouveau, emportant la lettre. Dans un autre temps et un autre monde, quelqu'un la reçut.




Le temps passa... Lentement.

Quand Sourire réapparut enfin, Aube avait déjà la réponse. Elle lui tendit simplement une feuille sous l'arbre où commençait à pointer le printemps. Un simple regard, un échange de lettres sans paroles, Aube s'enfuit avec la nouvelle lettre. Elle avait à nouveau envoyé un dessin au mystérieux jeune homme.





Cachée sous un arbre mieux dissimulé que le grand chêne noir, elle ouvrit le nouveau parchemin et s'y plongea. Cette lettre, elle l'avait tant attendue.

A toi qui vis de solitude et de neige,

Une ligne d'encre bleue pour une vie qui s'effile,
Une larme de douleur, pour le temps qui défile,
Et un profond regret, à jamais dans mon cœur,
Pour un amour brisé, quand les distances demeurent.

Pour toi, longs jours d'attentes, mais pour moi des années,
Quand la trame du temps apparaît perturbée.
Quand notre messagère m'apporta ton présent,
L'enfance était bien loin, et le terme approchant.

Par une vie de rêves, je te reste attaché,
Malgré que l'infini, nous garda séparés.
Regardant en arrière, un sourire d'amertume,
Mon existence ne fut que de vagues et d'écume.

Laisse là les regrets, joue et danse mon amour,
Quand le temps est passé, la vie ne pèse pas lourd,
Je suis resté l'espoir sans goûter à la joie,
Ne commets surtout pas la même erreur que moi.

Crépuscule.

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